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Wolfonic premier

farfadet du blog

Road and snack | 05 septembre 2006





La Route, encore, toujours aussi droite, comme pour me rappeler que ce pays est immense et ses frontières infinies.
Mon regard tente désespérément de tout capter de ce paysage qui déroule ses reliefs et secrets indéchiffrables.
Je suis bercé par le ronronnement du moteur et la voix de Johnny Cash en sourdine qui essaie de me distiller la mélancolie de cette plaine sauvage.
Une enseigne se balançant au loin m'indique un lieu où se restaurer. A cet instant et malgré moi, me revient à l'esprit tous ces films où le héros s'arrête un moment dans ce genre d'endroit. Le même côté abandonné, désert et oublié. Mais il n'en est rien. Le sable dissimule ce qui est en fait une sympathique cafeteria, un snack de plus perdu le long de cette route interminable. Je me gare tranquillement en évitant  de soulever la poussière, une façon inconsciente de respecter l'hôte de ces lieux, visiblement ce petit vieux à casquette typique d'équipe de Baseball que j'ai aperçu sur le perron de la boutique, se balançant au rythme de l'enseigne grinçante au dessus de lui sur son rocking-chair semblant daté de la guerre de sécession.
Devant ce spectacle digne d'une scène de "Duel" de Steven Spielberg, le film d'étudiant qui le rendit crédible aux yeux des producteurs, je suis amusé par l'accumulation d'autant de clichés et en même temps séduit par cette atmosphère pleine d'authenticité.
Cet homme qui a apparemment la soixantaine bien frappée, me regarde descendre de ma Pontiac sport de location, sans sourciller une seconde, figé dans une expression ni malveillante ni engageante non plus.
J'essaie un "Hi!" plein de gaité. Mon manque d'assurance à user de cette langue que j'affectionne tant pourtant se fait sentir. L'homme me répond d'un "Hi, fellow!" ironique et qui me laisse découvrir son sourire à trois dents.
D'un bond alerte et inattendu, il s'approche de moi en indiquant dans le même temps l'entrée de sa boutique d'où sort une odeur délicieuse de café et de gauffres. Je m' exécute volontiers.
Quel étonnement en pénétrant les lieux! Autant l'extèrieur paraissait désolé que l'intèrieur me dévoile un décor clinquant, propre et arrangé avec un goût certain.
L'homme semble avoir deviné ma surprise et ne peut cacher un petit ricanement qui lui dessine une bouille comique. Dans un anglais approximatif, je lui fais part de mon ravissement pour la décoration. Il me remercie et m' invite à m' asseoir sur des sièges en bois et cuir rutilants. Le menu est imprimé sur la table protégé par une plaque de verre, et doit exister depuis les années 60 sous cette forme, étant donné l'état jauni du papier et la police d'une autre époque. Je souris en pensant que cette technique de présentation bien pratique a dû attendre plus de trente ans pour faire des émules dans nos contrées.
Sur la carte vieillie, on peut lire toute sorte de noms de Burgers, du "Dakota Bacon" au "Tiffanie's giant", autant d'énigmes gustatives que de promesses alléchantes. La propreté des locaux me met bien sûr en confiance.
Au bout de quelques minutes, mon choix est fait, et je regarde impatient vers ce qui ressemble aux cuisines et où le vieux homme a disparu il y a un quart d'heure maintenant. J'esquisse un "Hi, man!" sans réponse. Je m'enhardis alors, et crie plus fort en me levant et en m'approchant du comptoir laqué du plus bel effet.
Toujours pas de réponse, ni aucun bruit ne provenant des cuisines. Je me dis intèrieurement en riant: "il a dû aller faire la sieste et il m'a zappé!".
J'essaie encore, plus fort. La réponse est cette fois-ci rapide et surprenante. En y repensant , elle est même plutôt effrayante...

Publié par wolfy68 à 02:11:58 dans rêveries et road-trip | Commentaires (2) |

Retour sur la route... | 17 juillet 2006


Wash de Calexico (1997, Spoke)


"Light shines through darker days
eyes close and lose their way
slip away the night
while the whole town's asleep
caught between the space
where you wanted to be
death acts and life reacts
spent time turning looking back
clues along the track
leave the following kind
the ground that seems to be new
winding up the same every time"




La route qui me conduit vers les montagnes est droite, mais elle mène à une autre sinueuse à donner le vertige...

Publié par wolfy68 à 02:06:56 dans rêveries et road-trip | Commentaires (0) |

On reprend la route... | 13 juillet 2006






Le bitume encore chaud de la veille m' accueille dès le matin, avec ces lignes blanches peintes, et ces pointillés réguliers qui bercent notre parcours.
Je regarde là-bas les montagnes enneigées.
Sur la route, je devine au loin un chemin qui part vers la droite.
Je ralentis, et m'y engage.
Je m'enfonce un peu plus dans le bois où mène ce chemin caillouteux jusqu'à ce que je décide de stopper.
Dehors, toujours ce calme, à croire que je suis le seul survivant sur cette planète, comme dans ces romans d'anticipaton des années 50.
Je vais vers les profondeurs de ce bois d'arbres secs.
Les corbeaux chantent mon intimité, et leur son me fait prendre conscience de la beauté sauvage du lieu.
Comme si tout célébrait ici les sensations de mon corps, ciselés par la lumière qui transperce au travers des branches nouées...

Publié par wolfy68 à 02:13:53 dans rêveries et road-trip | Commentaires (2) |

Road-trip and night-dreams | 12 juillet 2006


Bande son: "Landing Field" de Calexico sur l'album "Garden Ruin"






...
Le soleil, peu à peu, amorce sa descente derrière les montagnes arides, monuments d'un passé lointain et sauvage.
Le silence de la nuit qui s'approche m'englobe des ses voiles doux et bleutés.
La voix suave de Joey Burns et son piano délicat m' accompagne vers ce parking éclairé par des néons roses du plus bel effet.
Le vent est chaud et me lèche lorsque je sors de la voiture.
Pas un seul bruit, je suis au milieu de nulle part, au milieu de partout...

Publié par wolfy68 à 11:08:47 dans rêveries et road-trip | Commentaires (3) |

Rêveries et Road-trip | 11 juillet 2006

La plaine immense s'étend de chaque côté de la route sur laquelle je roule depuis des heures.
J'écoute le dernier album de Calexico « Garden Ruin » et c'est comme si tout était en harmonie, le paysage, la musique, le bitume sous les roues et mon esprit rêveur.
Au loin, je devine les mirages oscillant sous le soleil de plomb de l'Arizona.




...

Publié par wolfy68 à 17:36:05 dans rêveries et road-trip | Commentaires (2) |

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