J'aime partir, dans tous les sens du terme, mais toujours pour mieux rester. Partir d'une forme, partir d'une ligne, d'un mouvement et même parfois d'une simple sensation ou impression, et dessiner l'indessinable, l'indescriptible, l'indéfinissable et l'inattendu. Prendre un train, écouter le bruit des rails, se laisser aller dans les courbes, pour mieux retrouver les siennes de chair et de feu. Je ne sais pas où je vais avec ma pointe, je ne sais pas où me mène exactement cette voie ferrée, mais j'aime m'y abandonner, et me baigner dans ces flots d'images et de caresses. Je pars, oui, mais je reste là avec mes rêves et mes envies, et je jouis de voir que mes désirs sont aussi les siens. Alors, je sculpte ma feuille blanche, sur le plat du papier, j'imite le relief, je tente sans filet, celui de la technique arrogante des classiques, de créer cette dimension où mon regard se perd et où j'espère vous attirer...
Publié par wolfy68 à 03:25:32 dans Proses | Commentaires (4) | Permaliens
Une ligne, juste une ligne, à peine perceptible ; La suivre serait imprudent, mais tu sais bien, parfois je cède à la folie.
Alors, je la suis, comme on suit la promesse d'un chant en pleine mer inconnue.
Très vite, elle me mène à l'orée d'une sombre forêt, là où j'ai toujours fantasmé mes origines. Je la pénètre donc sans hésitation, fou que je suis !
Je marche depuis des heures, et bientôt, derrière moi, la clairière que j'ai quittée n'est plus qu'un lointain souvenir auquel j'ai du mal à me rattacher. Une certitude me hante, mon esprit cédant à un dérèglement prévisible, « ce bois abritent des créatures malveillantes ! ».
Aucun obstacle ne m'est épargné par cette ligne continue et sinueuse, traversant successivement toiles d'araignées géantes, ronces épaisses et tapis d'insectes grouillants et visqueux. Je sens les arbres se pencher sur mon passage, je les devine se mouvant dans mon dos. Le chant des corbeaux me rassure presque comparé au silence lourd qui règne au-delà des deux chênes millénaires, là-bas devant moi. Comme le portail d'un manoir hanté, ces deux ancêtres végétaux encadrent la ligne me désignant l'entrée d'un univers insondable.
Je passe donc sous les regards noués et appuyés des deux frères quasi fossilisés.
Jusque là, je ne savais pas encore ce qu'indescriptible signifiait.
Je dois laisser mon esprit céder à nouveau à la folie si je veux être capable de te restituer ce que j'y ai vu.
Je sais aujourd'hui que nier l'existence de créatures encore inconnues sur cette terre est de l'ordre de la démence, tout comme croire que les oiseaux ne parlent pas, que le vent ne transportent que l'air que l'on respire, que les arbres sont fixés au sol, et que la beauté ne peut cacher l'horreur...
A suivre...
Si ça vous tente !
Publié par wolfy68 à 19:05:51 dans Proses | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par wolfy68 à 17:05:09 dans Proses | Commentaires (9) | Permaliens
Avançant dans la nuit, elle se fait discrète mais présente.
Elle accélère mon pouls, fait craquer les meubles et le parquet.
Alors que dans mes draps, j'imagine un être exsangue s'approcher,
mes cheveux se dressent sur ma tête, c'est du moins ce dont j'ai l'impression.
Un bruit, un grincement, je n'arrive pas à discerner, mes yeux s'ouvrent dans le vide, comme si j'essayais de capter la moindre parcelle de lumière dans cette totale obscurité. Je sens son souffle, je peux entendre mon coeur, elle est là, tapie dans le noir absolu, elle me veut du mal... La peur me jète hors du lit, je traverse l'espace de la chambre en une seconde et j'allume affolé, tout en sueur.... J'ai dix ans, seul dans une grande maison dans la campagne, dehors, les poules dorment, le chien aboit à la lune, je vais mettre du temps à me calmer! Sacrée peur!
Publié par wolfy68 à 00:21:06 dans Proses | Commentaires (7) | Permaliens
J'avais eu envie de me lever en pleine nuit,
de m'éloigner, je n'aurais peut-être pas dû.
Mais je n'en savais rien, comme toujours,
les impulsions guidaient mon corps.
C'est après, plus tard, en marchant dans le noir,
que j'ai compris...
Publié par wolfy68 à 01:27:42 dans Proses | Commentaires (9) | Permaliens